RESTAURATION DU RETABLE DE GÂTELLES

Vous vous sentez concerné ?Accédez au site de la Fondation du PatrimoineVous y trouverez aussi l'actualité de la restauration en cours expliquée et illustrée

 A propos de ce retable !

La sauvegarde et la restauration du patrimoine de Thimert-Gâtelles et particulièrement de l'église de Thimert, ne sont pas une mince affaire.

En effet, l'état des monuments de la Commune n'est pas des meilleurs (voir Pages -> Page patrimoine).

A part bénéficier d'une manne financière exceptionnelle, loterie, donateur très généreux et autres, il est quasiment impossible d'espérer rapidement voir ceux-ci retrouver leur attrait d'antan.   

 

Pour cette raison, l'Association souhaite ardemment, s'attacher pour le moment à un objectif plus modeste et plus réalisable, la restauration du retable de l'église de Gâtelles (voir Pages -> Page patrimoine -> Eglise St-Blaise).

La Commune propriétaire du bien et la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) sont favorables à ce projet .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Association a donc lancé l'action en 2023. Elle a convié sur proposition de la DRAC trois restauratrices agréées pour en faire l'étude aux fins d''établissement d'un devis. Le choix s'est fait conjointement avec la Commune en 2023 et la signature en 2024.

Le coût de cette restauration est de 16 000€ HT et 20 000€ TTC.

 

Pourquoi un tel intérêt pour ce retable ?

 

PRÉSENTATION DU RETABLE

 

Véritable joyau classé du XVIe, ce retable est très probablement l'œuvre d’un ouvrier ayant travaillé sur l’ornementation du tour de chœur de la cathédrale de Chartres !


L’église de Gâtelles a été rebâtie au début du XVIe siècle (consacrée en 1508), sous les auspices de deux Doyens du chapitre cathédral de Chartres qui en nommaient aussi le curé, Charles d’ILLIERS et son frère Miles d’ILLIERS. appartenant à une grande famille de seigneurs du Thymerais. D
e là à penser que les Doyens ont fait travailler à Gâtelles certains « imagiers » de la cathédrale de Chartres … c’est fort probable. 


D’autant plus que dans la première moitié du XVIe des sculpteurs chartrains ont travaillé dans des églises peu éloignées de la paroisse de Gâtelles, comme Mathurin Delorme imagier demeurant à Chartres qui en 1521 exécute un retable pour l’église de Saint-Sauveur-Levasville. On sait aussi, d’après les sources, que les églises relevant
du Chapitre de Chartres sollicitaient généralement le concours d’artistes chartrains et souvent le concours d’artistes travaillant pour la cathédrale, remarque qui a son importance quand on sait que l’église de Gâtelles fût reconstruite sous les auspices de Charles et Miles d'Illiers doyens du Chapitre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le retable de Gâtelles est donc très probablement l'œuvre d’un imagier ayant travaillé sur l’ornementation du tour de chœur de la Cathédrale de Chartres (1), commencé en 1514. Comme le font penser les trois petites niches, présentant des scènes à personnages (2) de droite à gauche (ci-dessous) l’Adoration des Mages, la Nativité, la Circoncision et leur encadrement sculpté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque scène paraît montée sur un soubassement couvert de rinceaux et présentant au centre un médaillon orné d’une tête soutenue par des angelots ou des oiseaux. Les trois niches sont séparées et encadrées par des piliers, dont les chapiteaux ornés aux angles de têtes d’hommes et d’animaux, sont en partie masqués par des blasons de forme italienne sans armoiries apparentes, deux écus sont surmontés d’une crosse. La face antérieure de ces piliers est revêtue d’arabesques figurant des vases d’où émerge une floraison stylisée agrémentée de petites têtes. Un puissant entablement couronne le tout. Sa frise est ornée de rinceaux et d’une bandelette en serpentin, puis une rangée d’oves courre le long de la corniche.

 

Les trois petites niches et leur encadrement évoquent les grandes scènes sculptées dans les niches du tour de choeur, dont elles semblent être une image réduite. Cette impression persiste quand on examine les détails de la sculpture ornementale qui rappelle les médaillons et les arabesques du soubassement et des pilastres du même ensemble…
Malheureusement l’imprécision des documents ne permet pas une identification certaine de l’auteur du retable de Gâtelles parmi les artistes du tour de chœur de Chartres ! Le retable étudié à Gâtelles révèle dans sa composition une inspiration qui pourrait devoir beaucoup à l’œuvre accomplie à la même époque autour du choeur de la cathédrale de Chartres, mais le nom de l’auteur nous échappe !


Qui de mieux pour en tirer la conclusion que Maurice JUSSELIN (1882-1964) historien, archiviste, président de la Société Archéologique d’Eure et Loir et auteur de nombreuses études sur l’histoire locale, qui écrit :
« Beaucoup de détails de cette église rurale sont dignes d’attirer l’attention, portails, boiseries, verrières… mais l’objet le plus remarquable conservé dans cette église est un retable de pierre tendre sis dans une chapelle à gauche du choeur, nous ne pensons pas qu’il existe en France dans nos églises rurales, beaucoup de retables du XVIe siècle d’un aussi haut intérêt. »


Pourquoi la restauration ?

ÉTAT DU RETABLE

 

Il a été parfaitement étudié et décrit dans l'étude faite : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement, ce joyau du XVIe siècle est très encrassé et recouvert d’un épais badigeon de chaux ancien,  de nombreux détails et plusieurs statuettes ont été mutilées aujourd’hui encore il perd des éléments de décor, se fissure sous l’effet de l’épaississement dû à la rouille des tiges de métal présentes dans sa structure et devient illisible ! D'où la nécessité d'intervention pour son bon état de conservation.

Si rien n’est fait, les scènes représentées ici deviendront illisibles et le retable n’aura plus ni intérêt, ni valeur patrimoniale ! L’ensemble est très fragilisé et en péril aidez-nous à le sauver !

   

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DÉROULÉ DES TRAVAUX

L'œuvre est réalisée avec 2 types de pierre calcaire plus ou moins fine et de couleur plus ou moins ocrée. Le retable est monté devant le mur avec un vide de 2 à 3 cm derrière pour permettre une ventilation. Les scènes sculptées sont posées dans les niches pierre contre pierre, ce qui a facilité leur dépose.

Après avoir minutieusement étudié la structure des scènes imagées, les restauratrices ont très délicatement détachées celles-ci de leur support où elles étaient scellées au plâtre, découvrant derrière nids de rongeurs et débris de sculpture. Ces scènes sont parties en atelier pour y être restaurées plus facilement qu’in situ et avec des appareils performants. Seul l’encadrement qui n’est pas démontable a été travaillé sur place.

Puis le travail s'est fait en atelier avec un dépoussiérage complet de toutes les faces des panneaux sculptés, une étude de la pierre utilisée, un test de dégagement du badigeon à la chaux qui permet de se rendre compte de la finesse du travail de sculpture ; confirmation est faite de l’absence de polychromie sous le badigeon à la chaux hormis une couche d’ocre très fine et usée. Cette couche de badigeon de chaux correspond à une application après les réparations et restitutions en plâtre antérieures (couche d'harmonisation), lacunaire, épaisse, mal appliquée elle masquait la finesse des reliefs. La totalité du badigeon à été retirée sur le retable par clivage à l’aide de la pointe de scalpels sans altération de la pierre.

 Scène de la Circoncision

détail  de l'encadrement  avant

et après nettoyage

La sculpture des scènes en haut relief est fine et de belle qualité, les détails sont très délicats (ex la corbeille de l’enfant Jésus, la besace d’un personnage de l’adoration des Mages, le visage de ces derniers …) et lorsque l’épais badigeon qui a recouvert le tout pour masquer l’encrassement des pierres est ôté, des traces d’outils apparaissent (par exemple trace de gradine pour figurer le pelage du bœuf ou les plis des vêtements). Des lignes de construction tracées à la pointe sont aussi visibles sur le dessus du retable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette restauration n’est pas la première, il y a déjà eu des interventions sur la structure et sur la surface avec dépose des reliefs. Des goujons métalliques et des chevilles en bois ont été utilisées pour maintenir des fragments de pierre ou des restitutions en plâtre. Malheureusement ils présentent tous un problème de corrosion important, ce qui a provoqué l’éclatement de la pierre et du plâtre et des pertes d’éléments. Ils ont été retirés et remplacés par des tiges en fibre de verre, matériau neutre, stable et non oxydable. Les éléments séparés ont été remis en place par collage d’un adhésif de Paraloïd et les fragments maintenus par serrage doux, les petits bouchages structuraux correspondants à d’anciens goujons ou des lacunes ont été réalisés avec un mélange de poudre de pierre et de résine acrylique Plextol. ex ci-dessous avec la Vierge de la scène de la Circoncision.

 

 

 

Trace de gradine (ci-dessous) sur la tête du boeuf pour figurer le pelage

Scène de la Nativité

Traces de lignes de construction servant de repères pour le centrage des pilastres

Dessus du retable

Après restauration l'oeuvre apparaît dans tout l’éclat de sa beauté d’origine ou presque, puisque les parties manquantes sont hélas définitivement perdues. Il est possible toutefois de reconstituer des manques mais à condition que ceux-ci soient bien documentées dans des archives par exemple, ce qui n’est pas le cas pour le retable de St Blaise. Seule la corniche présentant des lacunes à pût être reprise car elle présente un motif linéaire.

Encadrement du retable :  Reconstitution de la corniche

 

Après repose des panneaux sculptés dans les niches du retable ils ont été scellés à l’aide d’un mortier de chaux formulé sur mesure à base de sable de Fontainebleau. Les espaces structurels ont été bouchés avec un mortier de comblement et sur le dessus du retable afin de prévenir tout nouveau dépôt de particule à l’arrière une plaque de protection métallique sur mesure a été mise en place avec une isolation intermédiaire en mousse de polyéthylène.

 

Scène de la Circoncision après restauration complète

RESTAURATION DU SOUBASSEMENT D'AUTEL

 

Si la restauration de la partie sculptée du retable est terminée il n’en est pas de même du soubassement. Nous souhaitons en effet remettre en état le support de la table d’autel qui est en pierre et qui supporte le retable, afin de présenter un ensemble plus harmonieux et plus propre. Celui-ci en effet s’effrite, présente des zones rebouchées au ciment et permet la remontée de l’humidité du sol.

Nous sommes donc en attente d’un devis et de l’accord de la DRAC pour procéder à ces travaux de remise en état du socle. En attendant le retable n’est pas dévoilé au public et reste protégé par un voile non tissé respirant.

Etat du soubassement d'autel portant le retable

Association de Sauvegarde du Patrimoine de Thimert-Gâtelles

1 place de la Mairie

28170 THIMERT-GÂTELLES